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Une étude européenne souligne la sévérité de la France en matière de politique d'immigration

Source: LEMONDE.FR avec AFP | 17.03.08 | 20h49 . Mis à jour le 17.03.08 | 20h49

Un nouveau message (de Gilles Lemaire, cette fois) nous confirme les difrérents importants qui émergent entre la politique française de l'immigration et les instances internationales. Un point de vue intéressant qui vient s'ajouter à celui de l'ONU et d'autres instances, dans le passé et l'avenir.
Cela nous remet en mémoire le texte de Edouard Glissant et Patrick Chamoiseau, intitulé Les Murs, d'abord lancé comme un appel à l'occasion de la naissance en France du Ministère de l'Identité Nationale, repris ensuite dans un texte plus complet publié par les éditions Galaade. Le texte intégral est paru le 4 octobre chez Galaade Éditions. http://www.galaade.com

"...Mais la folie serait de croire inverser par des diktats le mouvement des immigrations. Dans le mot "immigration" il y a comme un souffle vivifiant. L’idée d’"intégration" est une verticale orgueilleuse qui réclame la désintégration préalable de ce qui vient vers nous, et donc l’appauvrissement de soi. Tout comme l’idée de tolérer les différences qui se dresse sur ses ergots pour évaluer l’entour et qui ne se défait pas de sa prétention altière..."

L'appel:

"Les murs menacent tout le monde, de l’un et l’autre côté de leur obscurité. C’est la relation à l’autre (à tout l’autre, dans ses présences animales, végétales, environnementales, culturelles et humaines) qui nous indique la partie la plus haute, la plus honorable, la plus enrichissante de nous-mêmes.
Nous demandons que toutes les forces humaines, d’Afrique, d’Asie, des Amériques, d’Europe, que tous les peuples sans États, tous les "républicains", tous les tenants des "droits de l’homme", que tous les artistes, toute autorité citoyenne ou de bonne volonté élèvent, par toutes les formes possibles, une protestation contre ce mur-ministère qui tente de nous accommoder au pire, de nous habituer à l’insupportable, de nous faire fréquenter, en silence, jusqu’au risque de la complicité, l’inadmissible.
Tout le contraire de la beauté."

Toutes les initiatives en rapport avec cet appel seront répertoriées sur le site de l’Institut du Tout-Monde.
www.tout-monde.com

le texte, diffusé aussi sur le site de RESF, entre autres:
files/Les_murs.rtf

L'article du Monde:

La France possède une législation très restrictive concernant le
regroupement familial, les droits électoraux ou l'accès au marché du travail
pour les migrants, souligne une étude européenne présentée, lundi 17 mars, à
Paris, lors d'un séminaire organisé par le British Council. En s'appuyant
sur les données de vingt-cinq pays de l'Union européenne (UE) et de trois
autres pays (Canada, Suisse, Norvège), le British Council et le Migration
Policy Group ont calculé un Index européen des politiques d'intégration des
migrants, le Mipex, leur permettant de comparer les politiques de ces pays
en matière d'intégration des immigrés.



Selon les six critères retenus par cet index - accès au marché du travail,
regroupement familial, résidence de longue durée, participation politique,
accès à la nationalité et non-discrimination - la France se classe 11e avec
un score de 55 sur 100, loin derrière la Suède (88), le Portugal (79) ou la
Belgique (69) et à égalité avec la Slovénie. "Les ressortissants de pays
tiers résidant légalement en France doivent remplir les conditions les plus
sévères des vingt-huit pays pour le regroupement familial et la résidence de
longue durée", relève l'étude, qui note que cette situation est notamment
due à la loi sur le Code d'entrée et du séjour des étrangers et du droit
d'asile (Ceseda) du 24 juillet 2006.

OUVRIR LE DÉBAT SUR L'IMMIGRATION


"Etre à égalité dans ce domaine avec l'Autriche n'est pas a priori glorieux
vu les développements politiques récents dans ce pays", estime Virginie
Guiraudon, chargée de recherche au CNRS. La France et l'Autriche "sont deux
pays où il y a eu énormément de politisation" de l'immigration. Pour cette
spécialiste des politiques européennes d'immigration, "le fait que ce
colloque ait lieu au lendemain des [élections] municipales permet de
souligner qu'en France, un ressortissant d'un pays tiers ne peut pas voter
ou se présenter, même à des élections locales, alors qu'il y a beaucoup de
pays européens où c'est possible".

Mme Guiraudon relève également que la législation française "se rapproche
parfois du pire en matière de résidence de longue durée et d'accès à la
nationalité". En combinant les six critères du Mipex, la France obtient une
note moyenne grâce à des évaluations plus favorables en matière de lutte
contre les discriminations et d'autorisation de la double nationalité.

Pour Thomas Huddleston, rédacteur de l'étude, "l'objectif final du Mipex est
de promouvoir un débat européen mieux informé sur l'immigration, ce qui sera
particulièrement utile avant la présidence française de l'UE [en juillet],
le gouvernement français ayant annoncé que ce thème serait une priorité".


voir aussi:
http://rivnord.viabloga.com/news/l-onu-denonce-la-detention-abusive-des-immigres-clandestins-dans-le-monde

Version imprimable | (Im)migrations | Le Mardi 18/03/2008 | Lu 3940 fois



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